30/06/2005

Anarchisons les évidences


Emission, d'ailleurs assez décevante, tant elle fut simpliste, sur Georges Brassens. Je lisais il y a peu un article d'opinion sur la libre.be . Vous allez croire que je suis un invétéré de cette bafouille virtuelle... mais au fonds, pas du tout... l'actualité et le journalisme me débectent de plus en plus, tant les a priori de nos stars médiatiques me paraissent grossiers, politisés et manipulateurs... mais la rubrique Agora, sur ce site, nous livre assez régulièrement des textes qui, s'ils tombent fatalement dans le piège de la bien pensance, nous poussent tout de même à la réflexion. Donc, cet article d'opinion qui nous livre une définition de la pornographie: présentation d'actes, sexuels pour la plupart, où la personnalité des acteurs ne joue absolument pas. Les personnes sont interchangeable, et tout ce qui compte, c'est de montrer un acte en général: fellation, sodomie, mouvement mécanique d'organes ne tenant pas compte des tenants et aboutissants... universalité pure, dans sa plus vile expression (comme un journal parlé, sauf que dans le posrno, on peut supposer que tout être humain a pensé, un jour où l'autre, à ce qu'on y montre). Quel rapport avec mon ami Georges? Je vois une interview de Georges, et elle me pousse à penser. Je vois une interview de n'importe quelle pop-star, et j'y retrouve la même chose: j'ai eu de la chance, l'album a marché, je prépare une grande tournée, quelle émotion de voir autant de gens juste pour soi, etc... etc... fadeur au programme, tout comme ce qu'ils appellent leur oeuvre n'apporte absolument rien à l'âme de l'auditeur, si ce n'ets une sorte de réconfort de retrouver le même partout, comptine déclinée au pluriel, dont le message est le même, néant au final.

Georges me fait penser. Une de ses groupies (je n'ai vu que des interventions médiocres, mais ô combien accessibles), nous livre ce fait: si Georges voyait, au cours d'une ballade, un écriteau: accès à la pelouse interdit au public, il ne pouvait s'empêcher de sauter dessus, d'arracher l'herbe et de violer la sacro-sainte pancarte... Alors moi, en bon petit kantien, je me dis, comme par réflexe, réflexe grégaire, et plutôt malsain: oui mais he! Georges! si tout le monde faisait comme toi! il n'y en aurait plus! de pelouse! ne resterait que boue, et laideur, etc... etc... et puis, parce que lui, cet anarchiste, ce provocateur, force à penser, voilà t'y pas, mes chers lecteurs, que je pense... l'immense majorité des gens, quand ils la voient cette pancarte, obéissent scrupuleusement, et évitent conscienceusement de fouler la sacro-sainte herbe publique... he oui! il y en a peu, et même très peu, qui, comme georges, n'auront qu'une idée en tête, c'est de fouler de ses pieds poético-anarchiques cette sainte herbe réservée aux yeux bienséants des moutons humains... il y en a peu qui, d'un élan frondeur, danseraient gaiement la ronde des sorcières dans le temple public... il a raison, notre ami Georges, de ce faire... il n'a pas à se lancer, comme votre pauvre gorgo, dans ces réflexions absurdes, mais bien plutôt, selon son caractère, marginal et dissident, doit-il suivre cet élan qui le lui dit, à lui, de se rouler dans l'illégal. Les moutons sont assez nombreux, en ce bas monde, pour faire tourner les choses, au gré des puissants. Ils n'ont pas à s'y soumettre, ces quelques poètes, tant ils sont rares, et donc, par tradition, précieux.

Cela ne les choque pas, les braves passants, de voir l'hurluberlu, cheveux au vent, moustache jaunie, se ballader hors des sentiers... c'est qu'ils le savent, les bien-pensants, que la grande foule, tous les passants, n'imiteront pas le clown riant. Il n'y a, finalement, que nos p'tites lois, et leurs agents, pour s'offusquer, pour s'indigner, verbaliser, ces agissements. En vérité, je vous le dis, ces belles lois, ces évidences, sont imposées, et consciemment, pour le pouvoir, et pour l'argent. Car si l'exemple est limité, les occasions sont à foison. Et finalement, toutes ces belles lois, réduisent l'action, au profit d'quoi?

00:23 Écrit par gorgo | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

et oui non, les braves gens n'aiment pas que on suive une route qu'eux!! non.. alors ne venez jamais me traiter de brave!!
merci de ton passage très rapide après avoir poster! alors réponse rapide aussi. lol. bonne nuit et bonne journée. a oui; ok pour les siècles de siècles.

Écrit par : mik | 30/06/2005

Ah ah ! Je suis content de retrouver le gorgo que je connaissais, j'ai cru un moment que tu t'étais assagi !

Écrit par : quadragénaire | 30/06/2005

C'est là toute la complexité... Il s'agit de trouver le juste milieu, ou l'équilibre, entre sa propre indépendance et un certain sens de la collectivité.

Écrit par : Lato | 05/07/2005

*** merci de vos commentaires :-)
pour lato: en effet, et on pourrait même aller plus loin: personne n'est complètement singulie, et on peut penser qu'à laisser chacun développer ses propres intérêts, se créeraient des îlots de solidarité entre les personnes ayant les mêmes buts. Cela ne nous éviterait évidemment (et heureusement) pas un pouvoir qui garantisse la cohabitation paisible des différents groupes. Pourquoi faut-il que la liberté se décline sous le verbe d'une pensée unique? :-(

Écrit par : gorgo | 06/07/2005

Les commentaires sont fermés.