15/07/2005

fini Kant


Pour ce qui est de mon édification personnelle, de la recherche de principes de vie, de principes moraux, et de formation du jugement critique, j'en ai fini avec mon vieux professeur et maître à penser: Emmanuel Kant.

Ce que j'en retiens, avant tout, c'est que, mises à part les mathématiques et les résultats des sciences pures (physique, chimie, biologie), la vérité ne se trouve nulle part. Et encore les sciences sont-elles destinées à évoluer à l'infini, et si leurs résultats reflètent à la fois un niveau suffisant pour expliquer ce que l'on cherche et une connaissance suffisante à une utilisation pratique et déterminée, il n'en reste pas moins qu'atteindre un horizon nous en offre un nouveau (de nouvelles choses sont à chercher), et qu'une utilisation prévue d'une recherche scientifique l'influe toujours jusqu'à un certain point.

Une fois sortie du laboratoire, une théorie est donc utilisée par des intérêts qui ne peuvent jamais être des intérêts vrais. La santé c'est notre intérêt (médicamentons la vie), l'industrie c'est la solution économique, etc... c'est de la connerie, dès qu'on en fait des dogmes... ce ne sont que des points de vue historiquement déterminés et éthiquement construits, que l'on pense universels parce que le pouvoir possède des moyens de communication à grande échelle, appuyés par une soi-disant science psychologique qui en fait ne fait que théoriser empiriquement le comportement de l'homme, théoorisation qui permet par un effet de feed-back de manipuler la foule.

Je me méfierai donc toute ma vie de ces gens qui s'appuient sur des données objectives pour assoir des théories éthiques, économiques et politiques, car si les théories invoquées sont belles et bien objectives, les intérêts, eux, ne le sont, absolument, jamais. Pourquoi? parce que même s'ils l'étaient; notre ignorance du bien et du mal nous empêcherait de pouvoir les fonder de manière scientifique.

Sans doute tout le monde se fait-il une idée de la morale, et du bien, et du mal. Et pourtant jamais l'Homme n'est parvenu à en donner des définitions valides. La morale vogue dans l'inconnu, et on ne peut qu'espérer, jamais certifier, être dans le bon. Les conséquences sont un gouffre pour nous: les droits de l'homme, le droit tout court, la justice, la liberté, tous ces termes sont éminement moraux, et en tant que tels, NE PEUVENT JAMAIS ETRE IMPOSES PAR LA FORCE. Nous faisons fausse route, lorsque nous nous sentons légitimés de juger un chef d'état, une nation, une culture, selon nos normes.

Je ferme mes bouquins de Kant, et j'ouvre maintenant ceux de Edmund Husserl

11:28 Écrit par gorgo | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

La morale Salut gorgo,
Va un peu voir mon blog: les dernières livraisons traitent précisément de la morale et dis-moi ce que tu en penses ; ça m'intéresse !

Écrit par : abondanciste | 25/07/2005

*** bonjour abondanciste
J'ai en effet remarqué que tes dernières interventions portaient sur la morale.
Je suis bien décidé à les lire, même si ces derniers semaines agitées ne m'ont guère laissé le temps de lire à mon aise...
Mais vu l'invitation, je passerai chez toi dans la semaine :)

Écrit par : gorgo | 25/07/2005

Les commentaires sont fermés.