13/09/2005

pirater c'est immoral


Repris sur Lalibre.be d'aujourd'hui:

Vivendi "Universal a dégagé un bénéfice net de 640 millions d'euros au deuxième trimestre 2005, soit plus de trois fois celui réalisé sur la même période l'an dernier, et relève ses perspectives pour l'ensemble de l'année, selon un communiqué publié mardi."

Pourtant les maisons de disques et/ou jeux vidéos sont clairs: le piratage par internet est une catastrophe pour les artistes (tant ils touchent déjà peu sur la vente d'un de leur opus), pour les boîtes d'éditions (qui courent à la faillite!) et pour les actionnaires!

Comme vous le savez, le but de la société, c'est l'économie. La loi se doit donc, en bonne mère de la société, de favoriser l'économie. Et comme le disent ceux qui sont à la base de l'idée de constitution, la loi représente sur terre la loi morale: elle est la réalisation de l'idée de liberté dans la société civile. Pirater un disque ou un jeu est donc immoral... pas immoral pour ces raisons fallacieuses avancées par Vivendi et consorts, raisons qui ressortent à chaque apparition d'un nouveau support (du disque à la cassette, de la cassette au cd-rom, du cd-rom au disque dur, du disque dur à l'internet), mais immoral parce que, si nous n'avions pas piraté autant de supports vendus par Vivendi Universal, ils auraient pu quadrupler, voire quintupler leur bénéfice, les actions seraient plus hautes, les artistes plus riches, l'économie en meilleure santé!

Ne voyez pas dans ce petit cri un appel au piratage... chaque artiste que vous appréciez mérite, par respect, et par volonté qu'il puisse continuer son art, que vous lui versiez une obole sur ce qu'il vous offre... par contre pour savoir ce que vous appréciez, pour rester curieux, il faut essayer des choses... pirater de ci de là, c'est un peu goûter le raisin avant d'acheter la grappe...

Je n'apprécie pas spécialement le fait d'offrir (ou pire: de vendre) du matériel piraté... (mais je me garde bien de juger... les gentils et les méchants, je laisse ces concepts à doubleyou), mais je suis heureux de vous offrir, dans le cercle privé de ce blog, un petit passage de Wagner issu d'un CD payé... même pas à Wagner lui-même... :-)

10:28 Écrit par gorgo | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

Commentaires

piratons dans la joie il y avait récement une émission télévisée sur la "nouvelle chanson française" et je pense très clairement comme la plupart de ces "nouveaux musiciens" à propos du piratage:
le plus important n'est pas que vous payiez un disque, le plus important est que vous l'écoutiez !

le commerce de la musique est en voie de disparition, et rien de plus normal à une époque qui ne paye plus les idées que selon ce qu'elles rapportent... et outre Madonna ou U2, de quels musiciens les idées neuves ont-elles encore quelque valeur économique?

allez chercher la musique là où ni Vivendi ni personne ne trouve d'intérêt est bien sûr plus dommage pour le pauvre artiste qui n'a que vous pour vivre... mais de nouveau, paradoxe, c'est sans doute ce pauvre artiste qui est le plus enclin à partager avec vous pour le plaisir son travail... et finir sur la paille...
et concernant les "classiques", les auteurs morts et enterrés depuis des lustres, alors là il n'est plus aucune raison de se priver, aucun argent ne pourra rendrel leur paille d'au-delà plus dorée

arts, beauté, force, intelligence, sensibilité n'ont rien de rien de rien à voir avec l'économie, j'vois à peine pourquoi on en parle, même
que l'envie guide mon voyage musical !

Écrit par : meuh | 13/09/2005

*** bonjour meuh!
je partage globalement ton avis sur la question...
le post visait avant tout à dire: il est triste qu'un manque à gagner soit presque considéré comme une perte... encore plus triste que le politique soit si esclave de l'économique (du pécunier)
pour ce qui est des labels... certains, sans doute peu, méritent d'être entendus, fussent-ils sous contrat avec la bête...
mais tu as raison sur le fonds... pour pousser plus loin (pas le raisonnement mais son expression), le travail artistique devrait être, comme tu me le disais l'autre fois, une activité "à côté" de celui qui permet de manger... si le politique s'arrangeait pour qu'un travail à mi-temps suffise à faire vivre... on pourrait déployer toute la sphère culturelle dans un environnement beaucoup plus sain...

Écrit par : gorgo | 13/09/2005

* s'il faut attendre que "le politique" donne... il ne faut pas compter sur ces institutions qui accumulent le fumier de l'euro-capital...

prendre est la juste voie... la voie qui au final conduira à faire du culturel cette activité parallèle et libérée

faisons fi des demi-mots et de l'éternelle inquiétude qui nous pousse dans les filets "du politique", on peut très bien s'en passer, quand on parle de culture en tout cas

Écrit par : meuh | 13/09/2005

pas d'ac avec Meuh.. Tu es pour une culture non-subsidiée ?

Écrit par : Lato | 13/09/2005

* je suis pour qu'on oublie cette catégorisation de la "culture" comme une activité identique aux autres

subsidiée ou non-subsidiée, qu'importe, mais en tout cas libérée des contraintes usuelles des autres secteurs de la société

ce qui coûte plein d'fric dans la "culture" et dans la "production de la culture", c'est toujours éternellement des artifices ou des choses secondaires, et quelque part, toute activité culturelle est à la base, avant la transmission vers la société et les consommateurs, une activité gratuite et désintéressée

quand tu dis, Lato, "culture non-subsidiée ou subsidiée", j'ai l'impression que tu parles en fait de la "diffusion de la culture" et PAS des éléments constituants de la "culture" (idées, oeuvres, mots, ...) qui eux n'auront jamais rien à faire de subsides, d'appréciation, de commerce, de vente...

un peintre meurt de faim? quelque part ce n'est pas important quand on parle de "culture"...


(j'espère être clair, j'ai parfois des idées si particulières qu'elles passent mal ou sont vite mal comprises... fais-moi signe pour la suite :-) )

Écrit par : meuh | 13/09/2005

*** en effet, l'art dépasse sans doute l'importance de l'artiste... cela dit, du matériel de peinture, des instruments de musiques, du papier et de l'encre, du marbre et des outils, le support de l'art demande quand même un investissement financier...
on parle de progrès pour notre &é"'"(("é& de société, mais les mécène sont disparu... (un artiste à nourrir= du manque à gagner...)
je pense en tous cas que nous sommes d'accord sur ce point: l'art doit être libre de toute contrainte et n'être l'expression que de lui-même...

Écrit par : gorgo | 13/09/2005

ps pour meuh va voir mon nouveau lien (poly-mono) ça va te plaire... je t'ai même déjà soupçonné d'être derrière :) mais non...

Écrit par : gorgo | 13/09/2005

* je m'attendais au "il faut bien acheter du matériel", mais je trouve l'argument éronné...

il suffit de voir combien ont créé sans matériel à acheter, sans même avoir l'idée d'un matériel adéquat... ce serait comme dire qu'on a commencé à penser que quand on a eu de quoi écrire...

celui qui veut peindre trouvera toujours de quoi le faire
celui qui a quelque chose à dire trouvera toujours un moyen de le dire

Écrit par : meuh | 13/09/2005

Qui est le vrai voleur ? Cher Gorgo,
Je crois qu'il faut réfléchir au "juste profit" et le différencier du "profit exagéré". Dans un disque, l'artiste touche peu sauf s'il est très connu. Dans ce cas, il gagne énormément et le prix des CD's s'en ressent. Mais être connu s'est fait grâce à la pomotion faite par Vivendi (ou un de ses "collègues") qui a payé les matraquages publicitaires nécessaires.
Rien n'empêche un artiste de devenir son propre producteur et de vendre ses disques au prix du plastique. Personne ne le piratera alors...
Je trouve que tout travail mérite salaire et que le piratage c'est du vol.
Personne ne peut se faire justice non plus en volant un voleur (c'est à dire pirater), mais on peut ne pas acheter de disques et enregistrer ceux qui passent à la radio (pour son propre usage, bien entendu). Je ne parle pas de la qualité! ;) ;)
Amitiés.

Écrit par : Armand | 14/09/2005

*** bonjour Armand
argumentation implacable... tant que, comme tu le soulignes, on ne parle pas de la qualité... pas eulement sonore, mais artistique... pour rester dans le domaine du disque, rares sont les artistes réellement talentueux par rapport aux myriades d'interprètes médiocres de morceaux médiocres (mais vénaux à souhait) que l'ont rouve dans les grandes maisons d'édition... pareil pour la radio, qui a peu l'occasion de nous faire entendre du grand art, ou tout simplement des artistes de "petite" envergure (je parle du point de vue économique...)
Je reste néanmoins sur ma position de base: je ne vois pas d'inconvénient à télécharger un morceau ou même un album avant de l'acheter (s'il me plait) ou de le laisser tomber aux oubliettes de ma mémoire (s'il ne me plait pas).
Je suis tout-à-fait d'accord avec la distinction que tu fais entre juste profit et profit exagéré. Je trouve donc normal de soutenir un artiste qui me plait, tout comme je me sentirais lésé si un déception me coûtait 20€...
Pour ce qui est de la grande musique... les orchestres qu'on entend sur les disques font aussi des séries de concerts, et le compositeur est presque toujours mort et enterré depuis longtemps... elle devrait être classée en son ensemble comme patrimoine culturel de l'humanité, et à ce titre est distribuée massivement... gratuitement via internet, ou au prix du plstique et de sa production sur support disque...
bonne journée...

Écrit par : gorgo | 15/09/2005

*** bonjour Armand
argumentation implacable... tant que, comme tu le soulignes, on ne parle pas de la qualité... pas eulement sonore, mais artistique... pour rester dans le domaine du disque, rares sont les artistes réellement talentueux par rapport aux myriades d'interprètes médiocres de morceaux médiocres (mais vénaux à souhait) que l'ont rouve dans les grandes maisons d'édition... pareil pour la radio, qui a peu l'occasion de nous faire entendre du grand art, ou tout simplement des artistes de "petite" envergure (je parle du point de vue économique...)
Je reste néanmoins sur ma position de base: je ne vois pas d'inconvénient à télécharger un morceau ou même un album avant de l'acheter (s'il me plait) ou de le laisser tomber aux oubliettes de ma mémoire (s'il ne me plait pas).
Je suis tout-à-fait d'accord avec la distinction que tu fais entre juste profit et profit exagéré. Je trouve donc normal de soutenir un artiste qui me plait, tout comme je me sentirais lésé si un déception me coûtait 20€...
Pour ce qui est de la grande musique... les orchestres qu'on entend sur les disques font aussi des séries de concerts, et le compositeur est presque toujours mort et enterré depuis longtemps... elle devrait être classée en son ensemble comme patrimoine culturel de l'humanité, et à ce titre est distribuée massivement... gratuitement via internet, ou au prix du plstique et de sa production sur support disque...
bonne journée...

Écrit par : gorgo | 15/09/2005

Les commentaires sont fermés.