30/09/2005

Liberté, monde libre, démocratie....


Rien n'est plus bête, surtout en philosophie, que de suivre aveuglément une doctrine donnée, et de l'accepter sans y avoir réfléchis suffisamment que pour la comprendre et se trouver en accord. Il me serait donc difficile de légitimer l'utilisation de la phrase qui va suivre comme une vérité ou un dogme indépassable. Cependant, le lecteur attentif de ce blog reconnaîtra dans l'expression utilisée une conviction que je tente de véhiculer via ce blog et qui heurte aux premiers abords. Pourtant, elle doit être rappelée fréquemment, parce que les enejeux ne sont pas l'économie, le mieux-être, ou même le bonheur, mais quelque chose de bien plus important et dont la vie de tant de gens, morts de faim ou de froid, torturés ou brûlés vifs montre à quel point cette idée est inséparable de notre nature véritable. Je parle bien sûr de la liberté. Il est de bon ton, en ces temps obscurs, de légitimer notre mode de vie par rapport à ce petit mot, ce qui serait encore, quelque part, louable, si l'on ne voyait derrière les discours occidentaux de la liberté, de manière de moins en moins cachée, les intérêts de quelques uns confluer honteusement avec les bons mots. Mais soit... l'homme n'est ni dieu ni ange, et il serait bien trop idéaliste de l'imaginer se mouvoir un jour dans un royaume de la liberté. Là où par contre nous pêchons de manière sacandaleuse et impardonnable, c'est lorsque nos représentants, avec notre accord tacite (puisque nous ne révoltons pas), décident de figer des valeurs, d'en faire des moules éternels et inattaquables de la vie humaine. Démocratie, liberté, droits fondamentaux, autant de notions que l'on nous présente et impose comme parfaitement définis, au point de sortir les guerriers et d'imposer en leur nom notre mode de vie partout ailleurs... Il ne s'agit pas ici (et bien qu'on ne le fasse jamais assez) de dénoncer l'intérêt qui se cache derrière ces soi-disant avancées de la liberté dans le monde (on ne libère que les pays producteurs de pétrole...), il s'agit de dénoncer l'imposition par la force à des populations entières de valeurs qui ne peuvent être, par définition, acquises qu'individuellement et de manière totalement libre de toute influence. Le gouvernement démocratique et respectueux des droits de l'homme est plus monstreux lorsqu'il fait la guerre au nom de la liberté que le pire des tyrans qui ne cherche d'autre légitimité que son pouvoir tyrannique. D'où l'horreur absolue lorsqu'on pense à Staline, le petit père des peuple de l'union des républiques démocratiques socialistes sovietiques... d'où cet anti-américanisme ambiant que les bien-pensants attribuent souvent à tort à de la pure jalousie ou tout simplement à de la limitation intellectuelle... voici donc l'extrait, en deux temps, et qui reflète l'état d'esprit de votre Gorgo, lorsqu'il parle politique... ceux qui me connaissent le mieux pourraient y voir non pas l'expression juste d'une pensée déjà affichée, mais l'influence inconsciente du maître à penser sur son élève... je garde ce débat pour nos soirées aussi débattues que fructueuses...

"Plus la législation et le gouvernement seraient en accord avec cette idée (ndr: la plus grande liberté humaine), plus les peines seraient rares, et il serait raisonnable d'affirmer comme PLaton que dans un agencement parafit de la législation et du gouvernement elles ne seraient plus du tout nécessaires. Or, quoique cette chose ne puisse jamais se réaliser, ce n'en est pas moins une idée entièrement juste que celle qui pose ce maximum comme modèle que l'on doit avoir en vue pour rapprocher, en s'y conformant, toujours davantage la constitution légale des hommes de la perfection la plus haute."

Où l'on voit déjà comment je peux être dégoûté d'entendre les discours soi-disant réalistes de nos politiques, qui ne visent plus, comme ce à quoi ils doivent leur existence même, le développement de la liberté dans la société, mais, comme tout le monde sait, et ce dont il ne se cachent pas (mais qui se souvient de leur rôle originel????), l'équilibre économique...

Voici le plus croquant, le plus frappant... ce texte est repris de la Critique de la Raison Pure, célèbre ouvrage d'Emmanuel Kant, lequel est un des pères fondateurs de la notion de constitution telle qu'on l'entend aujourd'hui, et aussi de la notion de fédération qui est à la base de l'Union européenne...

En effet, le degré le plus élevé où doit s'arrêter l'humanité, non plus que la distance infranchissable qui sépare nécessairement l'idée de sa réalisation, personne ne peut ni ne doit les déterminer, car il s'agit là de la liberté qui peut toujours franchir toute limite assignée

Conclusion? Le politique devrait être conscient qu'il est TOUJOURS dans l'erreur, et plutôt que de chercher des solutions au sein d'un système soi-disant parfaitement délimité et indépassable, il devrait chercher à dépasser les limites qu'il impose, tout en laissant aux "autres" le choix de leur adhésion ou pas à l'idée de liberté. Le totalitarisme se trouve partout où l'idée de liberté est soit niée soit prétenduement définie...

12:57 Écrit par gorgo | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

ouais... Moi, il m'arrive parfois, quand je suis crevé comme aujourd'hui, d'en avoir marre de rêver à ce que le monde pourrait être. Le rêve du monde meilleur relève de l'utopie. Je me demande si, pour le repos de nos âmes, il ne nous faudrait pas mieux de s'en foutre royalement du tiers comme du quart et de consacrer nos préoccupations à notre entourage immédiat: amis, famille, compte en banque et nouvelle couche de peinture dans la salle de bains.

Écrit par : Lato | 07/10/2005

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