08/10/2005

aux barricades camarades


Voici un petit extrait de l'article que proposait hier "Le Monde" en ligne, au sujet de la grève générale:

" Le premier ministre Guy Verhofstadt a déjà prévenu qu'il ne se laisserait pas "intimider par des grèves". Mais celle-ci, la première "générale" en Belgique depuis treize ans, représente un test pour son gouvernement. Il a précisé qu'il mènera sa réforme "avec les syndicats si possible, sans eux si nécessaire"."

Où l'on voit, une fois de plus, ce que pense notre Premier de l'avis populaire en démocratie. Où l'on voit que tant que les sources civiles d'influence politique restent dans les rails tracés par les politiques et les gouvernements, tout va bien, mais qui si ça diverge, c'est le peuple qui n'est plus pris en compte.

D'ailleurs, les grèves, ça commence à bien faire... après avoir obligé les syndicats à annoncer suffisamment à l'avance les juors de grève, après les avoir obligé à manifester aux heures et aux endroits dictés par le gouvernement, ce dernier va bientôt imposer un service minimum pour que les effets de la grève ne se fassent pas sentir...

Je ne suis qu'un pauvre idéaliste. Dans ma tête, une grève, ce n'est pas une manière médiatique de faire passer un message. Dans ma tête, une grève, c'est sauvage. Le but, c'est de coincer les gens, les industries, les institutions. Pour le dire vulgairement, le but de la grève c'est de faire chier les puissants, de leur montrer un certain ras-le bol. Enfin, au lieu d'être une action prévue, structurée et encadrée, une grèce ça devrait être un avertissement du peuple envers ses dirigeants que s'il ne change pas très rapidement sa manière de voir et d'imposer, l'étape suivante, ce sera l'émeute...

Evidemment, depuis les grands combats des siècles passés, où le peuple n'avait plus rien à perdre, les puissants ont compris qu'il fallait intégré dans le capitalisme un minimum vital. Pas celui d'une vie décente... celui qui empêche le peuple de se révolter, parce qu'il a peur de perdre le peu qu'il a déjà... Le gouvernement nous affirme qu'il vise le plein emploi... mais c'est faux et grotesque: en plein emploi, ce n'est pas le patronnat et le gouvernement qui tiennent le pouvoir, mais la masse travailleuse, puisque chaque personne peut exprimer à son patron que s'il n'est pas content du salaire qu'il demande ou de sa cadence de travail, il peut toujours le licencier et que quelqu'un d'autre se fera une joie de l'embaucher aussitôt...

Par contre, 50% de chômage, c'est l'émeute si pas la révolution assurées...

Oui, vraiment, 20% de chômage, c'est le chiffre parfait: ça permet aux patrons d'avoir la réserve nécessaire pour mettre une pression maximum sur les travailleurs, ça permet au gouvernement de mettre la cause de la "crise" entre les mains des chômeurs, et d'être assuré, puisque 20% de non productif à nourrir et à chauffer, c'est faisable, de ne jamais voir le peuple descendre dans la rue et donner aux vautours la pâtée qu'ils méritent...

13:22 Écrit par gorgo | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

Commentaires

Grèves Pour les grèves, nous devrions copier les CORSES.

Écrit par : Le pèlerin vagabon | 08/10/2005

Sorry Déolé pour les commentaire, j'avais un problème d'ordi.

Écrit par : Le pèlerin vagabond | 08/10/2005

*** je me suis permis d'effacer les 4 copies inutiles...
possible pour les corses...

Écrit par : gorgo | 08/10/2005

Cher Gorgo, Je vois plutôt la grève comme une solution ultime, en dernier recours. Je ne comprends pas très bien les raisons de mener une grève alors que des négociations préalables au cours. Je soupçonne une peur du désaveu de la part de nos hiérarchies syndicales : certaines d'entre elles sont trop près du pouvoir... Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les services publics ne fonctionnent pas comme des entreprises. Une grève en entreprise lèse le patron, l'actionnaire et les travailleurs : une grève du public lèse les usagers et les travailleurs. Le patron ne perd rien. La Stib a ainsi gagné de l'argent avec ses jours de grève : donc, mauvaise tactique...
A ton avis, l'impact médiatique de la grève générale durera combien de temps ? On verra dès lundi...
A bientôt

Écrit par : Ubu | 08/10/2005

J'ai oublié quelque chose ;)) Par contre, ta conclusion tient la route : le droit de vote aux étrangers non-européens, parmi lesquels pas mal de chômeurs, pour diverses raisons, (je parle de Bruxelles) me semble d'ailleurs intéressant à ce niveau. Tu penses : que va donner ce vote de gens que personne ne représentait... hormis les syndicats ?
A bientôt (pour de vrai, cette fois ;))

Écrit par : Ubu | 08/10/2005

*** Bonjour Ubu,
en effet, l'effet de cette grève ne fera pas long feu... mais les "structures" des grèves n'en sont-elles pas la cause? (encadrement de a à z: on fait grève quand, où et comment le pouvoir l'accepte)
Pour ce qui est du bien-fondé de cette grève en particulier, je me tâte... sans doute la grève devrait-elle être une réaction à chaud, une action ayant lieu après une décision lésant visiblement le peuple. En même temps, il me semble, mais peut-être n'est-ce pas la raison du comment de cette grève, que la prudence politique actuelle fait que ce n'est pas à coups de lois-massue, mais de petites dérives apparemment insignifiantes mais si souvent répétées, que l'on se dirige, non pas vers une régression, mais vers l'état social inacceptable auquel le libéral-capitalisme ne peut que conduire... dans ces conditions, il faut bien choisir un moment d'action qui sera d'office exposé au reproche de non-congruence...
Je ne change cependant pas d'avis: la grève pour moi n'est pas la solution ultime, mais le stade qui la précède... la solution ultime ressemble à 1789... la grève représente pour moi une menace: soit les différentes sphères de la société s'arrangent entre elles, soit la masse détruit tout et redistribue les cartes... quel idéaliste! je sais ;-)
En conclusion, ce post ressemble in fine à l'expression de la déception éprouvée devant le fait que notre monde ne changera pas encore demain...

Écrit par : gorgo | 10/10/2005

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