16/11/2005

petite pensée du jour


"Il y a raisonner et résonner"

Réseonner sans raisonner, c'est, passé 3 ans, de mauvais aloi... Il faut bien sûr une résonnance pour commencer à raisonner, mais résonnance sans raisonnement, c'est la paresse de l'âme.

Résonner, c'est reproduire la résonnace telle quelle, sans réaménagement personnel et autonome de ce qui résonnait. Raisonner, c'est se réapproprier la résonnance et lui faire écho, si le jugement qui en résulte est une approbation. Par la raison, nous comprenons, nous prenons ensemble, nous lions ce qui résonne en une explication cohérente, qui permet le jugement sain. Résonner sans raisonner, c'est rester au stade de l'enfant de 2 ans qui, sans essayer de comprendre ce à quoi il assite, le répète, le mime.

Je suis bien déçu de devoir vous affirmer que la publicité, la presse quotidienne, et même la politique, ne font que résonner.

- La publicité se base sur un principe premier: vous asséner un message répétitif vous le fait digérer sans avoir à raisonner. Vous êtes dans un magasin et cherchez un biscuit à ramener à votre petit bout pour le lui donner comme collation à l'école. Devant le choix pulvérulent à vous offert, votre raison ne peut fonctionner: trop d'éléments s'entrechoquent, vous ne pouvez les rassembler en une pensée cohérente qui vous déterminera dans votre choix de biscuit. La raison laisse la place à l'imagination, et celle-ci, un peu bête quand elle n'est pas bridée par celle-là, reconnaît tout de suite le paquet qui vous a été montré des centaines de fois les derniers jours. Votre tête résonne, l'allure du paquet résonne, et vous êtes bien content d'avoir trouvé quelque chose sur laquelle vous reposer pour choisir votre paquet de biscuit et passer au problème suivant: les céréales... Heureusement que je suis bon, et je vous donne le moyen d'éviter cet effet de la stupide résonnance quand vous aller faire les courses: dressez une liste de vos emplettes, et réfléchissez à ce qu'il vous faut et au budget dont vous disposez... ça vous évite à la fois les mauvaises surprises pécuniaires, l'effet de panique devant la myriade de produits qu'on escompte vous faire consommer, et de laisser prise à la bête résonnance...

La presse quotidienne, elle aussi, résonne... c'est son travail, me direz-vous... mais pas du tout... en tous cas pas en tant que 4eme pouvoir, et en tant que garante de ce terme hypocrite qu'est "démocratie". Aujourd'hui, la presse résonne que Kubla était au courant des termes coercitifs du contrat passé avec l'autre nain dans le cadre de l'organisation des Grand Prix de Francorchamps ces dernières années et les futures... ô sainte presse défensive de la démocratie qui par ton travail permet de punir les coupables, mais si peu souvent de prévenir le mal... Si la presse, dans l'affaire Francorchamps, avait voulu raisonner, elle aurait tenté de se procurer le texte avant qu'il soit signé, elle aurait, si elle n'était parvenue à ce faire, exigé au ministre ou au gouvernement un éclaircissement détaillé... elle aurait même pu demander aux acteurs s'ils s'engagaient devant le peuple à démissionner en cas de mensonge avéré, plusieurs années plus tard... devant un refus face à ces questions, elle aurait du se demander publiquement si l'on peut faire confiance en des hommes qui pensent devoir cacher un processus qui concerne directement le porte-feuille des gens pour qui ils sont sensés travailler... En bref, par un leurre que je suspecte être conscient d'objectivité, la presse se contente de relater des faits. Or il devient impossible pour le peuple de réagir, puisqu'il est toujours une marche en retard dans l'escalier du pouvoir... Définitivement, la presse n'est jamais objective, et ne devrait pas pouvoir se réclamer comme telle... vaste sujet sur lequel je reviendrai un jour...

Mais là où on résonne le plus, ou avec le plus de conséquences négatives, c'est en politique. Peut-être avez-vous remarqué que vous-même, vous changez d'état au cours de la journée. Levé de mauvaise humeur, une bonne nouvelle vous rend le sourire, et le soir vous vous couchez en sifflotant. Parfois, vous devez aller à la gare, et vous vous rendez compte qu'une rue que vous êtes sensé emprunter sur le chemin le plus court vers la gare est barré. Vous devez réfléchir à une autre manière d'y parvenir. Parfois même, le train est en grève, et vous devez trouver un autre moyen d'arriver à votre destination. Mais encore, il arrive à certaines personnes, comme moi il y a 3 ans, que réaliser que leur travail ne leur convient pas, que s'ils y restent, ils vont péricliter, y perdre des plumes, qu'au lieu d'évoluer, de s'épanouir, ils vont se renfrogner et perdre toute confiance en l'existence. He bien en politique, on ne fait rien de tout ça. On ne change pas d'humeur, on ne change pas de chemin, on ne change pas de véhicule pour parcourir le chemin, et surtout, on ne change pas la destination. La politique s'est trouvé quelques concepts flous et surtout, qu'elle l'accepte ou non, en contradiction avec la volonté affichée (par exemple, les droits de l'homme, plutôt que de permettre aux pays sous-développés de sortir de l'impasse, permettent aux USA de faire la guerre là où, en plus de pétrole, il y a des gens malheureux), et avec ses concepts flous et inégalitaires, elle répète inlassablement la même chose: la société c'est l'économie, la liberté, c'est de pouvoir créer son entreprise, le progrès, c'est la croissance économique. Toutes ces choses, on ne peut pas les mettre en question, on ne peut pas raisonner sur leur bien-fondé...

Voilà, c'était la petite pensée du jour... raisonnez, au lieu de résonner...

11:03 Écrit par gorgo | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Révoltant Je suis de gauche et j’aime les sports mécaniques ,( c’est contradictoire bien entendu, mais pour ma défense j’ajoute que je n’aime pas tout le décorum qui entoure ces sports ) et j’ai été terriblement choqué lorsqu’il y a deux ou trois ans , notre gouvernement s’est mis à genoux devant Bernie Ecclestone, allant jusqu'à trouver des aménagements à la loi anti-tabac, cela n’a fait que me conforter dans l’idée que la démocratie était bel et bien un leurre et à quel point « nos représentants » sont à la botte du vrai maître du monde : l’argent. A cette époque (tous nos partis ayant pignon sur rue, à l’exception des écolos qui l’on payé fort cher malgré qu’ils aient fini par retourner leur veste (Je m’étais, à l’époque, retrouvé à Malmedy, et sur les poteaux et murs de la ville fleurissaient des autos-collants haineux à l’égard d’écolo, émanant de groupes d’extrème-droite ), étaient d’accord sur l’importance de l’événement, sur la vitrine que cela représentait pour la Wallonie, et bla bla bla…
En fait de vitrine la Wallonie, qui n’avait pas besoin de ça en se moment, à surtout montré la stupidité de son monde politique et aujourd’hui chaque Wallon va y aller de sa poche pour alimenter la bourse d’un des hommes les plus riches d’Angleterre. A l’heure ou l’argent public fait défaut à tous les niveaux, cela est lamentable.

Écrit par : Tito | 17/11/2005

*** Bonjour Tito
Je suis moi aussi amateur et admirateur de sports mécaniques...
Je me souviens donc bien, moi aussi, de cette époque où le monde politique faisait passer le message: Grand Prix à tout prix... et en effet, on paie le prix fort...
Je n'ai pu m'empêcher de remarquer, en plus, en regardant Monsieur Kubla se dédouaner de sa faute en arguant qu'à l'époque, c'est tout le peuple, toute la presse, qui faisait pression sur lui pour conserver le grand-prix, et qu'il n'avait fait qu'assumer ses responsabilité.
Et pourtant, dans tous les conflits sociaux, le discours est inverse: ça ne fait pas plaisir au peuple, ni à la presse, mais les élus ont reçu la responsabilité de gouverner, et ils le font, avec l'accord ou pas du peuple...
PLutôt que d'apprendre le plus tôt possible à nos enfants d'avoir le comportement obséquieux qu'ils devront montrer lorsqu'ils travailleront, ou d'apprendre au plus tôt à utiliser la machine qu'ils manipuleront lorsqu'ils seront sortis de l'université "Caterpillar" (ou autre) et commenceront leurs stages et leurs contrats à durée déterminée ou leurs interim dans la même boîte, on feraiut mieux de leur apprendre, à nos gosses, à constituer des dossiers de presse et déceler les contradictions flagrantes entre les discours circonstanciés de nos chers élus...

Écrit par : gorgo | 17/11/2005

Les commentaires sont fermés.