16/01/2006

Mais non vous n'êtes pas pauvres!


Les discours politiques sont franchement de plus en plus amusants. Notre premier ministre répondait ce matin, sur la Première, à la question des 15% de Belges vivant en dessous du seuil de pauvreté en Belgique, avec parmi eux des travailleurs. Guy nous a offert l'exemple type de la fracture politique-société: il nous met en effet en garde que 15% des Belges sont pauvres SELON LES CRITERES BELGES, mais que si on regarde chez les voisins, ils ne sont proportionnellement pas si pauvres. Quelle réponse idiote ou, à tout le moins, expressive de l'aveuglement bureaucratico-économique... où nous voyons que ce qui concerne le Premier n'est pas la situation du peuple qu'il gouverne mais la comparaison d'avec les chiffres des autres pays européens. Où nous voyons que la populace n'est pas un ensemble de personnes mais un moyen d'obtenir des statistiques.

He oui, vous qui vivez sous le seuil de pauvreté, vous n'êtes pas pauvres... regardez dans tel pays, la pauvreté c'est 100 euros par mois. Je sais pas vous, mais chez moi on paie en moyenne 150 euros par mois pour le chauffage, 70 euros d'électricité, des centaines d'euros de taxes communales par an, 140 euros de taxes pour une télévision qui fonctionne sur une vieille antenne, en bref un petit milier d'euros par mois pour les charges qui correspondent aux obligations de la société BELGE: électricité, eau, téléphone, enlèvement des déchets, mobilité, chauffage, taxes, impôts, etc... et là je ne compte pas encore le loyer... évidemment, ce monsieur Guy ne peut absolument pas se rendre compte de la signification de "joindre les deux bouts"... il ignore sans aucun doute, comme son ministre des finances, le prix d'un pain, mais aussi ce qu'il paie comme charge tous les mois. Il connaît le prix d'un litre de mazout, mais ignore sans doute le nombre de litres qu'il lui faut tous les mois pour chauffer sa petite famille. Par contre, ce qu'il sait, c'est que les statistiques sur la pauvreté sont meilleures ici qu'ailleurs, alors il est dans le bon. Il sait aussi que si les gens travaillaient plus, ils seraient plus riches. Il semble par contre ignorer que la wallonie, c'est 3500 offres d'emploi sur le site du forem, avec peut-être cent ou 200 nouvelles offres par jour, dans des dizaines de domaines de compétence différents, que pour un emploi, il y a souvent plus de 50 personnes intéressées, que dépendre d'allocations, ça emmerde la plupart des chômeurs, ça humilie la plupart des chômeurs, que de lire les offres d'emploi disponible sur le marché, ça désespère la plupart des chômeurs. Cela, il l'ignore, il préfère se dire que les chômeurs ont tort de se reposer sur des allocations...

13:20 Écrit par gorgo | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Pour ceux qui ne la connaissent pas encore ! Guy en visite humanitaire aux USA, réconfortant un survivant de l’ouragan Katirina dans les bas fonds de New Orleans lui dit « Dites-vous bien, mon brave, que si vous aviez été riche, vous auriez perdu encore plus. » (Bush opinait, bien sûr !)

Écrit par : Agequodagix | 16/01/2006

*** Bonjour Agequodagix
C'est exactement ça... comment les pauvres pourraient-ils se plaindre? ils ne connaissent pas l'opulence! Par contre si Guy devenait pauvre, quelle dégringolade... il serait beaucoup plus malheureux que le type qui mange des oeufs 3 fois par semaine... remercions la junte du fric d'épargner à 15% de la population ces désagréments... sûr qu'ils vont encore faire évoluer les choses pour offrir à 20, 30, 50% de la population la même chance!
science sans conscience n'est que ruine de l'âme
science économique sans conscience sociale n'est que ruine du peuple...

Écrit par : gorgo | 17/01/2006

Relativité... Comme pour DiRupo, le français n'est pas la langue maternelle de notre premier ministre, aussi soyons indulgents car il ne comprend sans doute pas bien ce qu'il dit. Ou peut-être nous prend-il pour des imbéciles?
Salut.

Écrit par : Tito | 17/01/2006

*** Bonjour Tito
pour des imbéciles, et aussi certainement pour une masse informe qui réagit de moins en moins, ce qui lui (leur) laisse la place à de plus en plus d'audace dans la favorisation du milieu qui n'a pas besoin de plus, mais qui est le leur, et donc celui qu'ils se doivent de défendre...
La stratégie est bien pensée: plus la classe moyenne et les gens d'en bas sont dans la nécessité, plus ils ont peur de perdre leur moyen de subsistance, moins ils se sentent autorisés à se plaindre lorsqu'un gros bouffon leur annonce avec le sourire qu'ils vont gagner moins, manger moins, travailler dans des fonctions instables, et que tout ça c'est pour leur bien, et celui de leurs enfants: quand la bourse va bien, les gens vont bien... (Guy est formel, quand il demande à ses amis ce qu'il faut pour améliorer les choses, ils répondent tous que les dividendes doivent augmenter...)
d'ailleurs, le phénomène de la main-mise des "fils de" sur la future politique belge nous montre le peu de perspectives pour le peuple dans le futur...

Écrit par : gorgo | 17/01/2006

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