26/01/2006

gorgo à l'Onem


Aujourd'hui avait lieu mon premier entretien à l'Onem dans le cadre de l' "activation de recherche d'emploi". He bien figurez-vous que je suis un bon chômeur: il n'y a peut-être quasiment pas de travail pour moi (comme pour tout le monde d'ailleur! Tout! Non, car un petit cercle d'amis résiste encore et toujours et chômage!), mais j'ai toutes les qualités pour faire un travailleur sans emploi de longue durée... entendez: j'envoie plein de lettres et mails à des gens qui ne m'engageront pas, et là est l'essentiel: que je les envoie... il ne s'agirait pas que je me pose devant ma télé pendant les 50 (j'espère) prochaines années... (quelle horreur)

Sur l'entretien lui-même: (notez que je parle de mon cas, je ne prétends pas passer de "madame l'inspectrice de l'Onem" à "L'Onem"...)

Je ne me suis jamais senti acculé, ni mis sous pression. La personne était d'un ton assez neutre et se contentait d'enregistrer mes réponses sans creuser plus qu'un petit "pourquoi" à certaines questions. Je veux dire par là que jamais elle n'a fait remarquer que "pourtant vous devriez" etc... Cependant, chaque réponse est consignée avec soin dans mon "dossier"... Il faut dire aussi qu'avec mon diplôme, mes auto-apprentissages (pour le moment: access), mes rédactions philosophiques, mon paquet de lettres de motivation, je ne ressemble sans doute pas au glandeur type.

Loin de moi l'idée de soupçonner certains chômeurs d'êtres fainéants... la fainéantise représente pour moi l'aboutissement d'une série d'échecs... nous sommes biologiquement programmés pour agir... un inactif l'est, toujours selon moi, à la suite de circonstances... et je me souviens d'ailleurs, comble de cynisme, qu'une des remarques de la madame du Forem, il y a un an, était que nous étions convoqués avant tout pour vérifier qu'on continuait à se battre, qu'on ne laissait pas tomber les bras, malgré les différents "échecs" dans notre recherche d'emploi. (je mets échec entre guillemets parce qu'il me semble que ceux qui échouent dans la situation actuelle, c'est surtout le politique et l'économique... enfin... qui échouent dans la comparaison du discours égalitariste avec les faits, je ne dis pas qu'ils échouent dans leur volonté véritable...)

Et donc, pour répondre à Pivoine Blanche, l'Onem attend visiblement des gens: qu'ils aient un diplôme, qu'ils tentent d'en avoir un ou d'autres, qu'ils prouvent qu'ils répondent à des offres d'emploi (en fait mon inspectrice n'a pas lu un seul de mes petits dossiers, elle les a juste compté: j'aurais pu y mettre n'importe quoi...). Pour ce qui est du néerlandais, étant moi-même retourné vers des contrées plus proches de mes natales (je fus ardennais avant de me coincer à Bruxelles pendant 10 ans), je suis assez tranquille...

J'ai maintenant 16 mois pour chercher sans me préoccuper de ce qu'en pensera l'Onem, car j'espère bien trouver bien avant cette échéance...

16:13 Écrit par gorgo | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

Commentaires

Vi.... J'ai lu très attentivement ton post. Je suis déjà passée devant l'Orbem (pas encore devant l'Onem). Je fais un suivi d'insertion socio-professionnelle dans une asbl, spécialisée dans le travail avec des gens qui ont eu des problèmes de santé. Je réponds à des annonces (celles où j'ai des chances d'être engagée, tout de même, restons concrets), mais ce qui me taraude, ce n'est pas tant le fait de chercher et de ne pas trouver, c'est le fait d'avoir un poids, un contrôle invisible, une épée de Damoclès qui me pend au nez... Après tout, j'ai pas demandé à être virée de mon dernier emploi (il s'agissait de placer la copine de la femme du boss à ma place, lol). Mais maintenant, il faut quand même que j'assume une situation ingérable, et dans le pire des cas, j'en viens parfois à me dire "un bon petit cancer, généralisé celui-là - pas un local comme j'ai déjà eu, et j'en aurais fini avec la vie..." Mais bon... Ca c'est la déprime... Et sûr que quand on déprime, on n'a plus le courage de bouger et d'être convaincant dans ses recherches... Mais je fais tout de même mon possible quand je postule...

Écrit par : Pivoine | 27/01/2006

Quant à l'Orbem... Ils n'ont pas épluché mon dossier non plus... Je l'avais préparé, en pure perte.

Écrit par : Pivoine | 27/01/2006

*** Bonjour Pivoine,
j'avais commencé une autre réponse, mais je me rends compte que si j'essaie d'être complet et cohérent, il me faudrait des pages entières... donc je vais essayer d'être concis.
A lire les informations que tu me donnes, je pense que tu n'as pas lieu de t'inquiéter outre mesure: tu suis une formation, et tu réponds à des offres d'emploi. Cela suffit à partir du moment où tu es diplômée, puisque légalement ni l'orbem ni l'onem ne peuvent exiger de toi que tu postules pour un travail demandant un "grade" inférieur à celui qui est le tien.
Je pense très sérieusement que le système "chasse aux chômeurs" ne s'attaque qu'aux franges les plus basses de la population et aux marginaux/irréductibles.
Même si l'Etat fait passer le message que nous sommes tous sur la sellette, il faut savoir qu'aussi bien les agents de l'Orbem/Forem que ceux de l'Onem sont conscients que le travail est rare en Belgique. La bonne volonté suffit à te mettre hors de doute dans leur chef. Le problème se situe surtout dans la façon dont le calcul de la bonne volonté est opéré: un chômeur sans qualification à l'occasion de faire maintes formations pour se situer de manière favorable sur le marché de l'emploi (alors que la plupart des formations sont refusées aux personnes possédant un diplôme plus élevée que le brevet...), heureusement que les syndicats sont là pour eux...
Simplement: prends avec toi tout ce que tu peux lorsque tu es convoquée: tes candidatures bien sûr, mais aussi tes éventuelles cartes Activa, ACS, etc... une liste de tous les sites internet que tu consulte, une preuve que tu suis une formation, etc...
Pour ce qui est de la déprime, je te comprends... seules 2 ou 3 offres d'emploi m'ont réellement motivé cette dernière année... l'idée de me trouver un travail alimentaire m'empêchant de développer ou même utiliser mes capacités est terrible... et d'autant plus difficile à accepter que même en faisant ce sacrifice, je ne suis pas du tout sûr de trouver un emploi... mais que faire d'autre que de continuer à chercher?

Écrit par : gorgo | 27/01/2006

nb Ce que je voulais dire avec les non aulifiés et la bonne volonté, c'est qu'on exige que ceux qui n'ont pas de qualification fassent le maximum pour en voir une, et que ce qu'ils ne font pas est vu comme un manque, alors qu'on considère comme positif qu'un diplômé postule à une fonction demandant moins que ses qualifications: il n'est pas obligé de le faire, il le fait quand même; il fait plus que ce qu'on attend de lui (chercher un travail qui lui convient)...

Écrit par : gorgo | 27/01/2006

instructif, drôle, intéressant Salut,
Merci de m'avoir fait rentrer dans ce monde.
Si j'ai bien compris: pas trop envie de travailler (je comprends vraiment), et pas trop envie de continuer à chômer (pas top en effet).
Perso: tu racontes déjà très bien. (Ca peut peut-être te donner une idée).

Écrit par : Phano | 31/01/2006

*** Bonjour Phano
Disons qu'il y a travailler et travailler... je me vois mal servir le capital (je consomme, c'est pas assez?), je me vois bien évoluer dans la sphère socio-culturelle... l'effort ne me rebute jamais, s'il conduit quelque part... s'il me permet d'avancer, ou s'il est une participation à quelque chose de constructif...
Merci pour le compliment sur ma manière d'écrire...

Écrit par : gorgo | 01/02/2006

Courage. ils savent bien qu'on tourne en rond avec ces mesures.
Croient-ils vraiment que l'ambition des gens est de chômer et d'être raide le 12 du mois?
Il faudrait que les gens trouvent un travail qui n'existe pas. Comme ce maudit poste de fonctionnaires inutiles qu'ils squattent?

Écrit par : 1789 | 02/02/2006

*** Bonjour Tony
sûr que l'Onem a eu l'occasion d'engager plein de gens pour faire ce métier inutile...
Loin d'augmenter le taux d'emploi, ce système n'aura contribué qu'à plus culpabiliser ceux qui ne trouvent pas de quoi gagner leur vie...
et aussi sans doute de trouver les quelques fraudeurs qui profitent du système... mais la dépense en fonctionnaires sera t'elle équilibrée par la récupération de l'argent des fraudeurs??? j'en doute fort... d'autres moyens plus économes et moins humiliant pour les chômeurs qui veulent vraiment travailler (la grande majorité je pense) auraient donné le même résultat...

Écrit par : gorgo | 03/02/2006

oui, la première entrevue avais été bonne pour moi aussi, la deuxième récente a été horrible, pourtant je travaille en ale et cherche, c'est vrai dans un domaine spécialisé culturel artistique et social.Suite à cette interview je suis en compote

Écrit par : elle | 26/04/2008

Bonjour, je suis tombée sur le commentaire des entretiens forem et onem .
Je ne vous connaîs pas mais vous écrivez bien .
Mon fils a eu ce genre d'entretien onem avec une jeune dame d'environ 19 ans ?? il a été pris de haut, aucune demande de son parcours passé (14 ans de travail) ni de son futur (il préparait un cess) que des demandes irréalisables de harcèlement d'employeurs éventuels, des rédactions de cv bizarres à refaire sans cesse pour une mise en page conforme ...

il s'est suicidé ce 14 février 2012 .

Écrit par : SARA | 24/02/2012

Chère Sara,

Je ne sais que vous répondre... je vous adresse mes sincères condoléances. Notre société ne fait aucun cadeau et exige que nous adoptions un mode d'être qui n'est pourtant, me semble-t-il, que celui d'une petite minorité.
Quel gâchis...

Écrit par : gorgo | 24/02/2012

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