23/02/2006

les marchands de sommeil


J'entendais hier à la radio, lors de la revue de la presse belge, qu'un quotidien flamand, après avoir présenté l'état du marchandage de sommeil, qui allait de la location à des prix exhorbitants de locaux sans eau, électricité ni chauffage, à la location d'une simple carcasse de voiture pour 100€ par mois, se demandait comment on pouvait en arriver là...

Ma réponse est simple et, malheureusement, aussi cynique que ces marchands: c'est que l'homme peut aujourd'hui être considéré comme une entreprise. Et quel est la volonté d'une entreprise? Fournir un service? Participer au développement de la dignité haumaine? Non! Pas du tout! Le but d'une entreprise, c'est de faire de l'argent. Rationaliser une entreprise, ce n'est pas prendre conscience qu'une entreprise travaille pour des gens, qui sont des êtres rationnels, qu'elle produit grâce à des gens, qui sont des êtres rationnels, et inclure par cette prise de conscience une volonté d'assurer la dignité de tous les acteurs qui la touchent de près ou de loin. Rationnaliser une entreprise, c'est, conformément à son but (mais est-il rationnel, lui, ce but?), trouver comment dépenser le moins d'argent possible pour en gagner le plus possible. Une multinationale qui a viré des milliers de salariés, les a versés dans la précarité, mais annonce un bénéfice record-absolu, est louée comme une divinité sur terre! un modèle pour l'économie... Soyons donc rationnels et conséquents: si l'homme est comme une entreprise, et que le but de l'entreprise est le pognon, le but de l'homme est le pognon. Louons donc ces chers marchands de sommeil, admirons-les de pouvoir gagner tant d'argent à si peu de frais, plutôt que de se demander comment on peut en arriver là...

post scriptum: Et les gens qui dorment à si vil prix dans de telles conditions, ne peuvent-elles pas être considérées comme des entreprises?, me demanderez-vous... He bien pas du tout... ils peuvent être comparés aux ouvriers qui, faute d'avoir lavolonté nécessaire à l'entreprenariat, n'ont plus qu'à se vendre à des gens plus forts qu'eux et obtenir ainsi la place d'inférieurs qu'ils méritent. Car la dignité de la vie, rappelons-le, c'est la capacité de faire de l'argent!

12:29 Écrit par gorgo | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Bonsoir Gorgo Tristement juste...

Écrit par : Tito | 24/02/2006

Attention Gorgo !! Il me semble que tu deviens dangereusement positif, toi qui te complaisais volontiers, comme tu me l'as dit toi-même, dans le négativisme ; je dis attention parce que tu risque de perdre ton influx ! mais je ne puis que t'approuver ; il faut rapeler inlassablement que le but de l'économie, c'est de satisfaire les besoins humains et non d'amasser le plus de pognon possible. Et cette vérité est foulée tous les jours au pied par les multinationales comme jadis Renault à Vilvorde, comme aujourd'hui Inbev à Jupille : ceux-ci, si j'ai bien lu, font 20 milliards de bénéfice par l'année écoulée et ils vont délocaliser leur comptabilité et foutre 150 personnes dans la précarité pour ajouter quelques pauvres petits millions en plus à leur scandaleux bénéfice ; et dire qu'il y a encore des gens dans le monde qui crèvent de faim et des enfants qui en meurent. Quand est-ce qu'on va considérer ce capitalisme de malheur comme un crime contre l'humanité : nous l'accusons de rémunérer grassement des activités criminelles : la drogue, les armes , leur fabrication et leur commerce , la traite des femmes pour les mettre dans la prostitution, les guerres, l'inimitié entre les peuples et cherchez un peu, vous en trouverez encore. Et quand est-ce aussi que nous répondrons activement à ton appel, cher Gorgo, "Oh!réveillez-vous" et que nous aurons le courage et la lucidité de remarquer que nous sommes les esclaves de quelques mots qui ne riment pas à grand-chose : rentabilité, compétitivité (= serrez la ceinture, les gars ! toujours les mêmes évidemment !), flexibilté du travail (on ne sait même pas ce que c'est que le travail, mais ce doit être flexible!) et autres songes creux que les économistes s'inventent pour se donner un air de savants ! Tudieu, oui ! je suis fâché contre cette société qui s'en va à vau-l'eau , ce dont les dirigeants ne sont même pas conscients, parce que leur principal souci, c'est de savoir comment ils vont remporter les prochaines élections (démocratiques, évidemment).

Écrit par : abondanciste | 26/02/2006

*** Bonjour abondanciste
Quel plaisir de te lire, après tant de temps!!!
Comme tu le dis, nous sommes esclaves de quelques mots creux... mais quel pouvoir que les mots! la philosophie est d'ailleurs née de la nécessité de contrer ceux qui, déjà, commençaient à prendre le pouvoir grâce à leur éloquence...
Ce n'est pas que je devienne positif... j'ai l'impression que plus que moi dans le négativisme, les gens se complairont dans ce monde absurde, tant qu'ils auront de quoi se nourrir, se chauffer et s'amuser... plus que jamais, "la fin justifie les moyens"... mais quelle fin, et quels moyens...
Alors j'attends... un changement de conscience, je n'y crois plus: il faudrait que l'impulsion vienne d'en haut, ce qui n'arrivera jamais... seule une situation critique pour le peuple pourra faire bouger les choses...

Écrit par : gorgo | 27/02/2006

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