07/01/2012

Conovralgie

 

Oui, il en est des personnes, qui se font détester au fur et à mesure que le temps passe. Céline, ô Ferdinand, ta sale gueule et tes lubies t’ont conduit au paroxisme du style. Pas de celui des bourges, pas celui des puissants… style du populo qu’a eu la mauvaise idée de se hisser plus haut qu’il aurait du… C’est d’là qu’ça vient… après, tes idées, pourries comme ton siècle, on s’en bat un peu… et même, si tu veux tout savoir, ta vie je m’en balance… quand même tendance à te protéger, parce que ton style, je l’aime, et parce que, finalement, tu es un beau reflet… reflet verdâtre et nauséabond de notre belle époque… de ta belle époque… la mienne n’est plus la tienne… elle a aussi ses revers…

Pour avoir des idées, faut avoir du fric, et des amitiés, et que la famille soit bien plantée. Si t’as pas ces trois là, oublie tes idées. J’en ai plein moi des idées, des belles et des fortes, des qui me sont rentrées dans le cerveau par le matraquage de leurs beaux idéaux. Rha ! qu’est-ce que j’y ai participé, à leurs belles idées. Mais y a rien à faire… quand t’as les idées mais pas le futal qui va avec, tu prends le tien et tu te torches avec. Si ça part pas bien, tu craches tes idées dessus… ça lave plus propre…

J’en veux plus, maintenant… qu’ils se la gardent leur belle société… n’est belle que pour eux, et ne changera pas. Liberté égalité, fraternité, ça m’fait bien rire. Les porteurs des oripeaux ne courent que pour eux. Ils te crachent à la gueule les défenseurs de ton mode de vie. Ils te méprisent plus que si t’étais leur chien galeux, ils te sourient adroitement, et pendant qu’ils acquiessent, ils t’attribuent la tête d’un moineau, et la valeur qui va avec.

T’es pas là pour réfléchir, t’es là pour essuyer la petite goutte de leur petite branlette… Ca fait pas beaucoup, mais tu le boiras jusqu’à la lie, et je peux te dire que le goût est… nauséabond…

Ecoutez-les ces bonnes paroles, la télé et la toile ont été créés pour ça. Tous dans le même sac. Universalité, égalité… et ça marche bien, ça résonne ces notions là, ça te prends aux tripes et tu les rêves pour tes enfants, et que la croissance croît, et que tu les vois s’épanouir… sauf que quand le moineau a un cerveau, les rêves sont plus les mêmes. Tu t’imagines tes loupiots citoyens et critiques, tu les vois se souvenir de tant de gens qui comme toi ont oser penser un monde juste… mais quand ton réveil sonne, et que l’heure de l’action est venue, et que tu vois à quoi tu bosses, comment que ça se forge dans la pierre les idées, tu te dis que c’est peut-être mieux que tes gosses ils restent dans la norme, et que finalement, télé-bouffer-boulot c’est pas si mal, qu’il y en a bien qu’ont même pas de toit, et que si tu pousses les tiens à trop penser, ils pourraient bien se servir des étoiles comme de leurs muses… et ici c’est pas la Grèce, et les muses, elles te donnent l’idée du chaud, et pas celle du beau… Ha oui, c’est bien là que tu risques de les pousser, à vouloir défendre des idées. Déjà que toi, t’es constamment sur le point de t’y retrouver, à la rue, parce que tu restes toi, et que dans toi y la liberté, et l’égalité, et la fraternité. Autant de belles idées pour les autres… Liberté, égalité, fraternité, pour les puissants, et pour les riches. Les aristos, les politiques, et leurs amis, et leurs enfants, mais pas pour toi, non non, pas pour toi. Toi, tu les construis, et ça pèse lourd, et ça fatigue, et les idées, ça vole haut, et toi, quand t’as fini de les servir, et que t’en veux une louche, t’es trop pesant, t’es trop crevé, pour les gravir, les échelons qui feraient de toi un homme libre, une femme égale, un enfant frère…

Crédulité, Obésité, Idiotie. Trois voies gravées pour toi par ceux que tu construis. Démocratie, conovralgie!

Mais j’anticipe… je l’ai même pas encore expliqué, pourquoi je l’aime ce vieux salaud de Céline, et pourquoi il vibre dans mon palpitant comme un frère, comme je me sens son égal, comme lui comme moi la liberté on a pu se la torcher avec des tonnes de bonnes intentions.

C’est que j’y ai gouté, et que j’en ai bu, jusqu’à la lie, aux beaux combats progressistes… que les généraux m’ont tellement dégouté, que je les balancerais bien avec l’eau, ces bébés de nos belles âmes… 

15:05 Écrit par gorgo | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour, je suis tombée sur le commentaire des entretiens forem et onem .
Je ne vous connaîs pas mais vous écrivez bien .
Mon fils a eu ce genre d'entretien onem avec une jeune dame d'environ 19 ans ?? il a été pris de haut, aucune demande de son parcours passé (14 ans de travail) ni de son futur (il préparait un cess) que des demandes irréalisables de harcèlement d'employeurs éventuels, des rédactions de cv bizarres à refaire sans cesse pour une mise en page conforme ...

il s'est suicidé ce 14 février 2012 .

Écrit par : SARA | 24/02/2012

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