07/03/2013

Gorgure

 

Plus bas que jamais. Il paraît que la dépression est la pire lorsqu’elle est mélancolique. J’ai au moins cette chance de ne pouvoir me rattacher qu’à très peu de bons souvenirs. C’est le privilège des freaks, des anormalités… pensez… les conséquences funestes de l’angoisse constante et lancinante d’être le fils de sa mère et de son grand-père maternel… question délirante puisque depuis longtemps je détiens les preuves que non.

Question qui ne peut certes se poser que bien tard, lorsque l’appareillage conceptuel est assez développé. Gorgo se cache et c’est normal : ce n’est pas qu’il a eu un problème de négociation de son oedipe, c’est qu’il est Oedipe. Peu importe la vérité biologique… l’idée suffit. Chaque personne rencontrée soulève le même problème : est-ce que je me présente d’emblée comme victime d’abus sexuels incestueux, multi-dépendant: alcool, haschich, jeux vidéo, sexe.. déviant quand l’idée, issue de ma bonne volonté, qui sous-tendait la subversion se noie dans les affres du doute le plus hyperbolique ? Freaks, singe, bête de foire : l’exemple de ce que devient celui qui n’a pu se défaire de ses démons.
Ou alors je le cache et d’emblée, dès la première rencontre, les premiers échanges sont mensongers. Charybde et Scylla… Comment ai-je tenu si longtemps sans devenir complètement schizo ? En fait je le suis, mais uniquement dans l’ivresse. Enfin, je me raccroche à cette idée, disons... je fais confiance à mon psychiatre pour en juger et me proposer les solutions chimiques existantes. Après tout, ça fait 25 ans que je me drogue de toutes les manières imaginables...

L'alcool est le pire. Il me rend complètement fou. Malheur alors à qui je croise. Et fatalement, le plus souvent, les premiers à se trouver devant moi sont mes proches. Violence. Insultes. Injustice absolue… gorgo n’est pas que le finalement gentil chef des êtres qui peuplent le noyau poubellesque de la terra de l’Incal… il est aussi cet horrible et gigantesque Godzilla. Godzilla en série B, créature grossière et totalement inadaptée, fruit d’une imagination sans doute imprégnée d’alcool, concrétisé par de pauvres hères qui grèvent leur CV d'un bien piètre film …

Gorgo, Gorgure… je n’en reviens pas que des gens m’aiment. Il paraît qu’au fond de moi je suis quelqu’un de bien. Je ne vois que médiocrité et faiblesse. 20 ans de coqerie, à réellement m’imaginer que si je ne suis pas au sommet du domaine que j’ai choisi de conquérir, c’est parce que je ne suis pas né dans un réseau qui aurait pu m’y porter. Orgueil de l’intellectuel qui peut prétendre que la corruption du monde l’a de fait exclu des sphères influentes de l’espèce humaine. Alors qu’en fait, je n’ai pas de domaine à conquérir. Que ma paresse m’a tout simplement empêché d’atteindre le niveau de rigueur d’un travail collectif, alors qu’aveuglé par des chimères évanescentes, j’ai pris pour des centres d’intérêt les domaines dans lesquels, simplement, j’avais la capacité, à force de volonté et de travail, d’exceller (les 138 de QI, ce n’est pas moi qui les ai inventés). Que j’ai pour passions des sentiments et des activités, corporelles ou intellectuelles, qui étaient au début probablement destinés à me diriger vers une certaine stabilité mentale. Sauf qu’à se fourvoyer dans la passion, la pratique, la consommation deviennent frénétiques… complètement schizo, je vous dis…

Médiocrité du borgne… je ne vois que d’un œil. Alors que j’en ai trois… Un salopard m’a crevé le 3ème œil. Crevure. Ainsi appellerai-je désormais mon grand-père qui avait l’outrecuidance de se faire nommer bon-papa. Une bonne pipe, bon-papa ?

Mon troisième et désormais éternellement crevé œil s’est infecté, la pourriture s’est étendu jusqu’à celui qu’utilise le cerveau pour émotionner, et il a pourri… de mon œil pourri je ne vois plus que ce qui est compatible avec la pourriture. Que c’est beau le porno, que c’est chouette l’alcool, qu’est-ce que vous êtes laids…

Heureusement, il m’en reste un.

Accepter ma médiocrité comme le résultat d’une maladie contaminée lors d’une blessure irrémédiablement handicapante.

Difficile d’être de bonne humeur dans ces conditions, vous ne trouvez pas ?

09:31 Écrit par gorgo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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