10/03/2013

Carrefours vitaux

 

Je suis donc dans la situation où il m'est nécessaire de faire un choix.

 

Je ne peux que constater un fourvoiement qui m'entraîne dans des impasses. Je ne peux pas me contenter de supprimer l'origine de mon égarement, retirer cette racine qui envenime le reste de mon être. Je dois aussi déterminer une nouvelle direction à prendre. C'est ce choix qui m'est nécesaire.

 

Je ne vois comme d'habitude que deux possibilités: une absolue, une infinie..

 

Soit je recommence tout à zéro. Possiblement oubliés, femme et enfants, carrière et réseaux, je prends la posture de Descartes, et à partir de cet angle d'attaque: "Je ne suis pas fou, j'aime ma femme et mes enfants, le suicide n'est pas option", je me redéploie. J'ai alors tout intérêt à lire sérieusement Spinoza et les structuralistes. Spinoza pour sa méthode, le constructivisme pour nourrir la méthode.
Ca c'est le choix absolu. Je pars de 3 principes clairs et distincts, et je les conjugue dans la vie de tous les jours, et comme ça je chemine rationnellement dans ma courte existence d'animal à peine évolué... J'accepte néanmoins le postulat que le monde et la partie non rationnelle de mon être sont aléatoire, n'obéissent pas à a rationalité, mais à des lois propres qu'il s'agit de découvrir. D'où un intérêt pour le structuralisme...

 

La deuxième possibilité, c'est de pointer des moments critiques de mon existence, les bifurcations que j'ai prises dans la vie, d'analyser lesquels de ces moments (arriver, sur le chemin, sur un y) ont été négociés et aiguillés vers une direction qui participe de mon fourvoiement.
Méthode psychanalytique, je suppose... Avec un problème redoutable: je suis né avec la tare de l'inceste inscrite, si pas dans mes gènes, dans mon éducation. Depuis le sein maternel.
Je m'imagine mal régresser à un stade de croissance dont mon plus jeune fils de 3 ans et demi n'a sans doute lui-même déjà plus le souvenir...

 

Trêve de plaisanterie (les psychanalystes sont comme Kant pour Deleuze: d'excellents humoristes...), en restant lucide sur les possibilités concrètes de changement que je peux donner à mon existence, c'est-à-dire, si vous préférez, en composant avec cette saloperie de société néo-libérale une vie digne pour moi et les miens, je pense que le moment critique le plus intéressant dans mon histoire a été notre décision à M. et moi avec notre petite A. de déménager de la cité vers le village. Projets plein la tête, tête d'ailleurs fraîchement sortie de l'Alma Mater et par là assez sûre de son fonctionnement. Embrumée cependant de fumée bleue. Reflets irisés où grisâtre selon l'humeur, déjà malade mais à l'insu de mon plein gré. Mais géré de manière assez saine. Libre de la peur de voir ses biens diminuer (Acheter une maison plus petite, renoncer à offrir une formation universitaire à mes enfants…), 27 ans, l’âge d’or physique de l’être humain. Mais si le moment paraît propice, ce n’est qu’en apparence, ce n’est que le souvenir de ce qui est désormais un total non-être. Le moment m’offrait des possibilités, mais j’étais déjà gangréné, quelque part, et il s’agit alors de redescendre du tronc que je veux conserver vers les racine, puis les radicules pourries. Travail de fourmi. Virtuellement infini…

 

11:50 Écrit par gorgo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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